Chaud. Le ciel n'est pas blanc, il n'est pas bleu, il est a moitié gris, a moitié bleu et il fait si chaud. La lumière d'un soleil caché irradie la zone, plaquant les ombres des voitures au sol, comme des peintures rupestres. Un chat noir passe en courant d'un jardin a l'autre.
D'une fenêtre s'élève une mélopée mélancolique, une mélodie tremblotante jouée par des mains qui ne devraient pas la jouer. Elles devrait plutôt essuyer ses larmes. Mais non, les mains continuent de jouer, la mélodie se fait plus intense, plus violente aussi, les larmes qui coulaient de ses joues coulent maintenant sur son violoncelle.
Le son s'arrête. Les mains reposent le violoncelle perlé de larmes et vont chercher dans une poche une énième cigarette, puis craquant une allumette, y mettent le feu, la portant a une bouche qui n'en a même plus envie. C'est sa drogue, sa dope, sa came. Il aspire la fumée, elle lui brûle la gorge, passe dans son sang, pollue ses poumons puis elle ressort. Sa mâchoire claque, il envoie un rond de fumée a quelques centimètres de son visage, puis un autre et encore un autre. La bouche répète ce jeu pendant 5 minutes.
Les yeux ne coulent plus, les mains ne jouent plus mais il reste un gout amer dans la bouche. Le visage se tourne, c'est un garçon, ni beau, ni laid. Il n'a plus d'expressions dans le visage, il est comme mort de l'intérieur. Si il avait été une fourmi, il aurait eu la maladie des états-d'âme.
Autour de lui se fait le vide, le fouillis matériel dans lequel il vit se fait invisible, ses yeux ne le voient plus. Ses paupières se ferment, ses mains vont dans ses poches, sa bouche se ferme, son corps bascule. Il est tombé sur son lit. Ses oreilles entendent alors une mélodie, irréelle pour eux, vitale pour lui. Ses mains trouvent un critérium, ses yeux s'ouvrent.
Il prend son bloc de papier a musique et commence à écrire ce qui lui trotte dans la tête. Il écrit cinq mesures puis s'arrête. Une image s'est formée dans sa tête.
Les yeux se refont humides. Les mains recommencent a trembler. D'une fenêtre s'élève une mélopée mélancolique, une mélodie tremblotante jouée par ses mains qui ne devraient pas la jouer. Elles devrait plutôt essuyer ses larmes. Mais non, ses mains continuent de jouer, la mélodie se fait plus intense, plus violente aussi, les larmes qui coulaient de ses joues coulent maintenant sur son violoncelle.
Il s'appelle Paul. Il va avoir dix-sept ans.
Et hier:
La dame se retourne vers moi, elle me sourit. Son sourire n'est pas franc, elle pue l'hypocrisie a plein nez. D'une petite voix elle me demande si ça va...
Elle voit bien que non, elle voit bien que depuis quelques minutes mes mains tremblent, que je retiens des sanglots et que je pleure en silence... Elle voit bien que je n'ai pas lâché des yeux le coin de la vitre ou je l'ai vu pour la dernière fois, il y a à peu près une heure...
Alors je la regarde, je lui lance moi aussi un sourire Colgate et je lui répond en souriant que oui, tout va bien, que je pleure de joie et d'allégresse... Pourtant si elle savait.
Si elle savait qu'il y a quelques heures je le plaquai contre un arbre et que je l'embrassais, si elle savait qu'il y a une heure il m'embrassait sur le quai, si elle savait qu'il y a 8 mois et 4 jours j'avais rompu avec lui, si elle savait qu'il y a 10 mois j'étais tombé éperdument amoureux de lui...
Si elle savait. Mais non elle ne sait pas, elle est là, sur le siège 47 de la voiture 15 du TGV qui m'éloigne de l'endroit ou mon c½ur est resté. Elle est juste là pour me demander si ça va, pour faire bonne figure, enfait elle n'a pas l'air si méchante que ça, elle a des Marlboros dans son sac.
Notre train va entrer en gare de Nantes...
Elle est partie.







